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#2: Charlie, créatrice artisanale eco-responsable

creatrice eco-responsable

Charlie Martel, créatrice eco-responsable, artiste lainière passionnée

Dans cet épisode je vous emmène dans un nouvel univers créatif ! J’ai eu l’immense plaisir d’échanger avec une jeune artiste lainière de tout juste 30 ans, Charlie Martel.
Installée à Goult (Vaucluse), dans une superbe bâtisse de 1628, Charlie exerce un métier passion auquel elle n’aurait pas pensé au début!
C’est à l’occasion d’un salon du mariage alternatif, durant lequel elle exerce le métier de photographe, que Charlie participe à un atelier de tissage. Ce fut pour elle, une RÉ-VÉ-LÉ-TION!
Aujourd’hui, elle propose elle-même ces instants de rencontres, de partage et d’échange avec des curieux désirant se rapprocher des savoirs-faire artisanaux. En effet, Charlie anime régulièrement des sessions d’initiation dans son atelier, durant lesquelles elle se réjouit de transmettre sa passion!
La créatrice propose même des kits prêts à l’emploi pour celles et ceux qui souhaiteraient s’initier à la maison!
charlie martel artiste lainiere
matière première

Une créatrice version up-cycling eco-responsable!

La particularité de cette artiste c’est son rapport à la matière; Charlie travaille avec des matériaux recyclés mais également avec de la laine de moutons et d’alpaga directement récupérée chez les propriétaires des animaux. Ensuite débute un long travail de nettoyage, de cardage puis de tissage.

*le cardage est l’étape durant laquelle Charlie va démêler et lisser la laine de mouton à l’aide de deux brosses appelées  « cardes » afin qu’elle puisse s’en servir pour faire ses créations lainières.

Ces étapes demandent énormément de temps mais Charlie est fière de pourvoir participer au processus dans sa globalité; elle en retire plus de contact et de belles rencontres avec ceux auprès de qui elle se fournit, plus de proximité avec la nature et avec les savoirs-faire d’antan aussi!

Produire moins mais produire mieux, ça lui tient particulièrement à coeur.

 

 » Tant pis si je produis moins, mais je vais produire mieux, local ,fait main, chez moi et avec ce que j’ai autour de moi. « 

 

Charlie Martel, artiste lainière

 

« Ça m’a mis sur mon chemin et je me retrouve à travailler avec une diversité de matières brutes! Au final c’est des rencontres qui me font faire des bons en avant mais toujours dans la direction j’ai envie de prendre et du coup je suis trop contente!  Aujourd’hui je vais récupérer la laine dans un endroit absolument magnifique je me dit « mais purée la chance » ! Maintenant, à l’atelier, j’ai du mouton mérinos de l’alpaga et du baby alpaga et j’ai de la chèvre angora, c’est ce qui sert à faire le mohair. Je commence à avoir une diversité de matières que je travaille, c’est complètement fou et je trouve ça trop bien! »

matière première
matiere premiere diverses

Découvrir l’univers eco-responsable de Charlie

Durant cet échange riche et inspirant, avec Charlie, nous avons parlé de l’importance de sensibiliser les consommateurs à la création artisanale, de son rapport à la solitude, de sa vision de la liberté…

Autodidacte, furieusement curieuse et passionnée par les outils et savoirs-faire anciens, Charlie nous parle de son rapport à la solitude, de son besoin essentiel de se rapprocher de la nature et des siens, de son amour pour la matière qui la pousse un peu malgré elle à adopter une posture éco-responsable dans ses créations, et de quelque chose qui nous touche tous à un moment donné, je veux bien sûr parler du syndrôme de l’imposteur, ce foutu syndrôme qui nous empêche de nous faire confiance et de proposer nos créations à leur juste valeur.

J’ai découvert le travail de Charlie dans un épisode de La Maison France 5, depuis je la suis sur Instagram sur son compte Matiere_premiere_l’atelier avec le plus grand des délices!

Dans la vie créative de Charlie

Voici une vidéo de la créatrice qui donne à voir son travail et son quotidien. (video provenant du site internet de l’artiste)

Quelques extraits de l’épisode du podcast

Charlie, qui es-tu? 

« Je suis artiste lainière et tisserande, j’ai mon atelier à Goult et je crée des tentures murales.  Je crée pour moi, en fonction de mes envies et de mon état d’esprit, avec des matières locales de préférence. Je crée pour sortir quelque chose de moi et j’espère après que ça va plaire à quelqu’un !
Je travaille aussi à la commande.

J’ai fait un bac littéraire option art plastiques. J’ai une famille tournée vers l’artisanat et l’art d’une manière générale. Mon père était maître boulanger pâtissier, mon grand-père c’était pareil et j’ai un oncle restaurateur du patrimoine. J’ai donc cette attirance pour l’art. À l’époque j’avais envie d’être photographe et déjà très attirée par la matière, je faisais beaucoup de photos en mode macro, en plans très rapprochés, pour capturer toutes les matières, aussi bien minérales que végétales.

Mais après le bac je me suis rendue compte que les études ça allait être un peu compliqué parce que ça coûtait assez cher, qu’il fallait forcément monter dans des grandes villes… je me suis dit au final, qu’entre mes études, l’appartement, travailler à côté… ça m’a mis un gros coup de frein!  Et j’ai eu peur… Alors, j’ai commencé à travailler directement dans la restauration rapide, dans des chaînes de magasins de bricolage et de décoration…

En fait ce que j’ai préféré, ça a été de travailler sur les fin de chantier avec mon père, qui lui-même avait fait une reconversion professionnelle, car là je pouvais travailler sans pression et sans contraintes. »

fleurs des champs liberté

Quelle est l’histoire du nom de ton entreprise? 
« Quand j’ai appris le tissage et que je suis revenue ici, il a fallu que je trouve un nom pour mon atelier. J’ai mis plein de mots clés sur un grand tableau; j’avais clairement un attrait pour les matières. Alors, qu’est-ce que je fais? Je ne suis pas une boutique, je suis pas un magasin mais je suis clairement en atelier et la première, elle est à l’origine de mon art. »

Quels sont les obstacles au niveau technique que tu rencontres encore aujourd’hui?

« Tout me demande du temps! Avec la matière que tu achètes dans le commerce ou sur Internet, enfin des produits finis quoi, c’est très simple de tisser. Mais justement quand j’ai commencé à travailler avec de la matière brute, de la laine brute qui était tout sale, je suis partie sans aucune connaissance, j’étais sûre que ça allait le faire, je me suis dit, « allez, on va tester, on va voir »!  J’ai eu la bonne idée de laver de la laine de mouton brute dans mon bac de douche à 2h du matin et j’ai bouché ma douche ! (rires)

Souvent, je vais à la rivière pour nettoyer et dessuinté la laine. Pour la carder, il m’a fallu trouver une cardeuse à l’ancienne. Le cardage c’est l’étape avant le filage qui lui, se fait au rouet. Ma difficulté aujourd’hui c’est que je ne sais pas encore bien me servir d’un rouet, alors je tente quelques expérimentations mais c’est compliqué! D’ailleurs, je suis à la recherche de quelqu’un qui pourrait m’expliquer comment fonctionne un rouet!  Je lance un appel du cœur car je ne trouve pas de reportages vidéos ou de tuto pour m’expliquer (rires)! »

cardage laine

Pourquoi ce choix de faire ça par toi-même?

« Pour le cardage de la laine j’ai la chance de pouvoir travailler avec Brun de Vian Tiran, qui est l’une des dernières manufactures lainières. Elle me carde un peu ma laine et ça me facilite le travail. Mais voilà, j’ai un rêve: à la fin de ma vie j’aimerais avoir appris tout ce que j’avais envie d’apprendre, un peu avec tout le monde et un peu partout! »

Qui sont Lucie, Lima, Woody, Mélo et Daisy?

« Depuis 2018, dans mon cheminement créatif,  je travaille avec de la laine de mouton brute de moutons mérinos. Daisy et Woody, j’ai eu la chance de les rencontrer par hasard c’était à une soirée et… »

Découvrir la suite en écoutant l’épisode

Et pour découvrir l’univers du podcast, c’est par ici!

Je te souhaite une belle et inspirante écoute!

Crédits: Matière Première l’Atelier

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